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Danse et Covid long

J’ouvre ici un espace de discussion dédié aux amateurs de danse qui souffrent d’un Covid long, ou à leurs proches. Que vous ayez ou non obtenu un diagnostic de Covid long, vous savez certainement si vous êtes concerné ou pas. C’est assez inratable en fait. Cet article n’est pas médical, alors je le dis une seule fois : consultez, faites tous les examens nécessaires pour éliminer d’autres causes de mal-être.

Le Covid long est une maladie qui invalide sur le long-terme et qui fait mauvais ménage avec la pratique sportive, dont celle de la danse, classique ou autres.

Dans le milieu de la danse, on trouve sans chercher des personnalités prêtent à ignorer toute maladie ou contrariété pour aller quand même danser. Or, avec le Covid long, c’est la pire des choses à faire. C’est difficile, mais il faut travailler sur soi pour un vrai changement de perspective. Renoncer à quelques mois de cours, mais voir le long-terme : la guérison.

Le Covid long met d’accord ceux qui en souffrent d’accord sur un symptôme : l’intolérance à l’effort. Cela signifie que les activités banales qu’on pouvait faire avant ont maintenant un coup élevé, et sont même impossibles, ou bien “se paient cher” dans les jours qui suivent l’effort. La fatigue ressentie est différente de la fatigue d’avant.

Le meilleur conseil que j’ai pu trouver, c’est qu’il faut absolument se reposer AVANT de se sentir fatigué. Se reposer, ce peut être faire une petite sieste, mais aussi juste s’asseoir 10 minutes pendant qu’on fait ses courses, faire une pause à la moitié de l’escalier…

Il faut repenser son rapport à l’effort et à l’inconfort. L’entrainement en danse classique est fait d’effort, on doit se pousser pour faire toujours “un peu plus” afin de voir des progrès apparaitre. Il est aussi fait d’inconfort : celui des étirements, celui de la rapidité qui demande de réfléchir très vite tout en faisant les bons pas au bon moment ! Celui de tenter un nouveau pas qui fait “peur”…

Avec le Covid long, on doit faire un renversement de perspective. Aller tout doucement. Respecter son seuil de tolérance et arrêter avant l’inconfort. Ne pas se pousser. Dans cette maladie, se pousser fait perdre du temps, cela fait revenir des jours, des semaines voir des mois en arrière dans le lent processus de guérison.

Trouver en soi la patience de ne pas danser, pour mieux redanser après. Découvrir le plaisir des pratiques douces, se satisfaire de s’exercer 10 minutes à respirer. Etre heureux de se sentir vivant !

Vous allez découvrir un nouveau monde, celui de se mettre à l’écoute de son corps. Quand on a passé les 5, 10, 20, dernières années à se pousser et à en tirer de la satisfaction, c’est spécial. Alors, accepter.

Bien sûr, au moindre “mieux” se pose la question du retour à la danse.

Je recommande de reprendre très doucement, à un niveau bien plus facile que vôtre niveau de départ. Expliquez la démarche à vos professeurs, commencez par quelques exercices, demandez à rester pour regarder le reste du cours peut-être, afin de rester inclus et de baigner dans cette ambiance. Prenez soin de votre bien-être mental, ne restez pas seuls, éloignés de votre passion.

Le prof que je suis trouve totalement normal d’accueillir des élèves en invalidité temporaire, leur laissant faire ce dont ils se sentent capable.

Et puis, accepter les conséquences de la situation. Prise ou perte de poids, perte de force, de souplesse, d’équilibre, de coordination, de mémoire. Oui c’est beaucoup à accepter. C’est plus facile quand on n’est pas seul.

Alors si vous souffrez de Covid long et que la danse vous manque, et bien cet espace de commentaire est à vous, j’ouvre aussi un post Instagram pour ceux qui préfèrent. Des mots de soutien pour tenir le coup, j’y crois, c’est précieux.

Liens externes :

My Experience With Long COVID Forced Me to Acknowledge the Vulnerability of All Bodies

Battling a Chronic Illness: Living with Long-Haul COVID-19 as a Dance Artist

What is exercise intolerance?

Long Covid Kids: 15-Year-Old Dancer with Long Covid